Le cerveau est l’organe qui nous permet de percevoir et de découvrir le monde qui nous entoure. C’est bel et bien là où se cachent tous nos souvenirs, nos réflexions, nos émotions, nos rêves et notre identité. Mais le cumul de toutes ces informations et de tous ces évènements peut mettre à mal nos capacités d’attention, de mémoire et de concentration. Imaginez ! Plus de 2 millions d’informations par seconde s’y enregistrent durant toute notre vie !!!

Alors, que pensez-vous d’un bouton “supprimer” pour le rafraîchir ?

Ce cerveau, ou plus précisément les neurones, nous permettent aussi de créer de nouvelles habitudes, de nouveaux comportements et de vivre de nouvelles expériences. Il compte 100 milliards de neurones qui sont capables de créer une connexion et un réseau incroyablement complexes, avec parfois plus de 100.000 synapses par neurone. Dès la phase embryonnaire, le cerveau possède la capacité de se modifier et de se développer.

Un souvenir d’enfance traumatisant, une histoire d’amour douloureuse ou des évènements bouleversants peuvent être effacés grâce à un processus de régulation, connu sous le nom d’élagage synaptique. Ce processus permet de supprimer les connexions inutiles, afin de laisser une place à de nouveaux souvenirs et évènements et de traiter plus efficacement les nouvelles informations.

Bon !!! Tout ceci vous semble un peu compliqué ? Observons ensemble un décor plus agréable…

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Imaginons que notre cerveau soit un jardin ; mais au lieu d’y faire pousser des fleurs, des fruits, des légumes, nous y faisons pousser des connexions entre les neurones… Ce sont ces connexions au travers desquelles sont transmis les messages. Les messagers qui prennent en charge l’information, on les appelle les neurotransmetteurs (la dopamine, la sérotonine…).

Dans ce jardin, certaines cellules (les cellules gliales) sont les « jardinières »  – elles agissent en améliorant les signaux, la vitesse des messages entre les neurones. Mais il existe aussi des cellules gliales «  vidangeuses et élagueuses ». Celles-ci arrachent les mauvaises herbes, tuent les insectes nuisibles et ramassent les feuilles mortes. Nous les appelons « cellules microgliales » . Elles nettoient nos connexions synaptiques.

La question est : « Comment savent-elles quoi élaguer ? »

Dans ce domaine des neurosciences, quelques chercheurs commencent à pleine à débroussailler ce mystère, mais ils savent déjà que les connexions synaptiques peu utilisées sont marquées par une protéine (C1q…). Lorsque les cellules microgliales détectent ce marquage, elles se collent à la protéine et détruisent – ou élaguent – la connexion synaptique.

Voilà comment notre cerveau «  fait de la place »  afin que nous puissions construire de nouvelles connexions plus solides et apprendre davantage.

 

LE SOMMEIL : C’EST L’ ESSENTIEL !

Les cellules de notre cerveau se nettoient automatiquement pendant le sommeil.

Avez-vous déjà eu l’impression que votre cerveau était « full » comme « plein à ras bord » ? Cela nous arrive probablement lorsque nous commençons un nouveau travail, une nouvelle tâche ou que nous nous impliquons totalement dans un nouveau projet. C’est parce que nous ne dormons pas assez. En un certain sens, notre cerveau déborde ! Il ne peut plus rien absorber.

COMMENT NOTRE CERVEAU SE RÉGÉNÈRE ?

Lorsque nous apprenons un tas de nouvelles choses, notre cerveau construit des connexions, connexions encore inefficaces car ponctuelles. Et il a besoin d’élaguer un grand nombre de connexions afin de pouvoir construire des circuits mieux fuselés et plus efficaces. Il fait cela lorsque nous dormons.

Pendant la période de veille, le cerveau cumule des informations et des données inutiles. Pour s’en débarrasser, un sommeil profond, une sieste, et même la méditation peuvent nous aider.

Et c’est dans notre sommeil que notre cerveau se nettoie – durant cette phase, nos cellules cérébrales peuvent se rétrécir jusqu’à 60 % pour faire de la place aux jardinières gliales qui débarquent et nous débarrassent alors des déchets, en élaguant les synapses.

Vous est-il déjà arrivé de vous réveiller après une bonne nuit de sommeil et de pouvoir réfléchir clairement et rapidement ? C’est que tout cet élagage et l’augmentation de l’efficacité des circuits qui se sont faits durant la nuit vous a fait beaucoup de place pour acquérir et synthétiser de nouvelles informations – en d’autres mots, pour apprendre.

C’est aussi la raison pour laquelle les siestes sont si bénéfiques à notre capacité cognitive. Un somme de 10 minutes donne la chance à nos jardinières microgliales de débarquer, de supprimer les connexions inutilisées et de faire suffisamment de place pour que de nouvelles connexions plus efficaces s’installent.

Réfléchir avec un cerveau qui manque de sommeil c’est comme tenter de se faire son chemin en pleine jungle équatoriale avec une simple machette. C’est très dense, on avance lentement et c’est épuisant. Les branches se chevauchent et empêchent la lumière de passer. Réfléchir avec un cerveau bien reposé c’est comme marcher joyeusement dans Central Park ! Les sentiers sont clairs et se croisent à des endroits précis, les arbres sont à leur place et nous pouvons voir loin devant nous, mais aussi dans toutes les directions. C’est éclairant et vivifiant.

 

LA CONCENTRATION : CONCENTRONS-NOUS (en pleine conscience) SUR CE QUI NOUS OCCUPE VRAIMENT.

En fait, nous pouvons avoir un certain contrôle sur ce que notre cerveau décide de supprimer quand nous dormons. Ce sont les connexions synaptiques que nous n’utilisons pas qui sont marquées pour le recyclage. Celles que nous utilisons seront arrosées et oxygénées. Alors, appliquons la pleine conscience à ce qui occupe nos pensées.

Si nous passons trop de temps à voir en replay  les dernières séquences de télé-réalité dont les chaines de TV nous abreuvent et moins sur nos objectifs, notre travail ou quelques lectures utiles, devinez quelles sont les synapses qui seront marquées pour le recyclage ?

De même, si nous sommes uniquement dans un état d’esprit orienté « problèmes », ou bien si nous sommes en conflit avec quelqu’un au travail et que nous gaspillons notre temps à savoir comment nous venger au lieu de penser à l’important projet sur lequel nous travaillons, nous allons nous retrouver avec une ou deux synapses superstars pour le geignement ou le complot revanchard… et en conséquence un esprit bien appauvri en créativité et en innovation, qui pourtant apporteraient tant de valeur à notre activité !

« Si vous laissez entrer une pensée dans votre tête… vous avez aussi le pouvoir de la chasser ! » C’est aussi cela la pleine conscience.

Pour bénéficier du système naturel de jardinage de notre cerveau, nous n’avons qu’à penser à ces choses qui nous semblent importantes. Plus nous pensons à des choses importantes pour notre vie (nos rêves, nos objectifs…), plus notre cerveau nous aide à éliminer les connexions et les données superflues.

Il est parfaitement possible de reprogrammer et nettoyer notre cerveau grâce à des exercices simples à faire quotidiennement. Par exemple, répéter des phrases motivantes et positives ; lire votre plan d’action avec les objectifs que vous sous êtes fixés… ; se concentrer sur le présent et sur les améliorations de notre quotidien. Ainsi, nos jardinières sauront renforcer les connexions et élaguer celles qui nous intéressent le moins.

C’est ainsi que nous pouvons aider le jardin de notre cerveau à fleurir.

Alors pensez-y ! SI NOTRE CERVEAU EST UN JARDIN, LE COACHING NE POURRAIT-IL PAS EN ÊTRE LE TERREAU OU L’ENGRAIS ?


 

Sources : McGill, Commission européenne, Frontiers in Human Neurosciences Richard Parent, février 2016